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Blog de Jean-Marc DuclosNotes sur l'Aïkido, Yoga... |
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Le vrai aïkido?La préoccupation de vouloir prouver à tout prix, qu'un aïkido est vrai en relation à un autre, qui est faux (comme s'il s'agissait d'une marque de détergent), est le signe évident d'une énorme agitation. Sans agitation, la vie change substantiellement, mais la permanence dans cet état d'esprit n'est pas garantie. Dans l'aïkido il n'y a pas (ou il ne devrait pas y avoir) de phénomène de monopole ou d'exclusion. À partir d'une expérience personnelle chacun peut vivre un "absolu" comme tel sans avoir à ouvrir une "guerre sainte" pour empêcher les autres d'avoir leur propre trajectoire. Si nous comprenons "le vrai aïkido" comme quelque chose d'absolu et personnel, sa certification conforme peut prendre facilement des contours de supercherie. Vouloir imposer un point de vue aux autres, prétendre enseigner "la vraie méthode Morihei Ueshiba" ou n'importe quelle méthode infaillible, n'aide pas à maintenir la sérénité nécessaire à la pratique de l'aïkido. Il n'y a pas beaucoup d'espace vital dans un monde manichéen ou ses moralisateurs s'approprient du camp du bien et remettent implicitement ces contradicteurs dans le camp du mal. Si quelques mensonges se limitent à des abus de langage, ce n'est pas si grave... jusqu'à un certain point... En effet, Goebels, chef de la propagande nazi disait cyniquement: "un mensonge que l'on répète inlassablement devient une vérité..." L'aïkido comme une Voie "Do" favorise une ouverture sur le monde et à la singularité et à la pluralité de la vie. Mitsugi Saotome Shihan avec les portugais - Le Vigan 2008 La technique est intrinsèquement limitée à un énoncé et à sa démonstration. L'aïkido doit éviter de se fermer dans une logique et pratique qui cesseraient de se préoccuper avec le genre humain, ou qui n'est tout simplement pas fait pour lui en particulier. Le film "Charlot dans les temps modernes" est le portrait d'une certaine incompatibilité entre la planification de la cadence du travail et la vie des gens. Croire que l'on arrive à l'aïkido par la seule répétition et par un mimétisme creux, est une croyance sympathique sans grande conséquence. Une manière de détecter une signature fausse est quand elle est une copie rigoureusement similaire. Quand quelqu'un imite un autre, il se passe la chose suivante: Nous démontons le mouvement pour le remonter par la suite avec nos propres présupposés. Quand nous sommes en train de peindre, reproduire photographiquement n'est pas l'objectif. L'important c'est de voir avec nos yeux, sentir avec tout notre corps, notre peau et saisir l'état d'esprit, se connecter au monde. Quand des parents aiment leurs enfants, ils découvrent les gestes adéquats qui ouvrent des horizons. Il y a une certaine différence entre transmission et pédagogie. Le naturel, le fait d'être lié et la conscience, sont les points importants d'une pratique d'aïkido qui fonctionne de l'intérieur vers l'extérieur. Faire un effort quand on est possédé par la musique diffère d'un effort volontariste, indifférent à l'esprit de ce que l'on fait. Ce n'est pas nous qui saisissons la musique, c'est elle qui nous saisie (la même chose avec l'aïkido). Dans ce cas, la notion d'effort prend un sens complètement différent. Tout le monde ne peut pas atteindre une expression/liberté où les contraintes paraissent s'estomper. Et ce n'est pas les muscles, la fortune, l'intellectualité, les titres qui peuvent changer quelque chose à ce niveau. Il n'y a pas de machines à former des artistes. Ce ne sont pas les programmes ou universités qui forment les artistes. Ce ne sont pas des schémas préétablis qui peuvent amener quelqu'un à être un artiste. Il n'y a pas de frontières, classes sociales, ou travail spécifique qui peuvent commander ou conditionner l'inspiration. L'inspiration c'est ce quelque chose dans notre être profond qui nous "parle", qui donne à nos mouvements la précision, la légèreté, le fait d'être lié, la stabilité, le calme et la conscience. Pour ceux qui veulent un parcours rempli de certitudes scientifiques (j'atteins un résultat, je veux et je peux le répéter à volonté) doivent choisir autre chose que l'aïkido. Avec l'aïkido, l'arrogance qui consiste à vouloir tout contrôler et tout diriger, n'a pas sa place. C'est au contraire un parcours plein d'incertitudes et d'efforts qui parfois n'amènent pas à grand chose. Mais ce "pas à grand chose" fait aussi part de la recherche. La juste mesure de l'effort est celle d'un effort sans ego. L'exemple de l'éducation est élucidant. L'éducation naturellement donné avec précision, liberté et amour, sans contrainte disproportionnée, ne peut pas être substituée à un formalisme mal assimilé. Et ce n'est pas avec le petit manuel: "Les bonnes manières, en 10 leçons" que l'on va apprendre à être détendu à la table du "Président de la République" ou au "petit café du coin", avec le même respect. On peut apprendre par cœur le nombre de couverts, les formules de convenance pour adresser la parole à un ambassadeur ou à un cardinal, etc… cela ne va pas changer grand chose à notre éventuelle manque d'habileté; même si on peut alléger l’ignorance, cela ne se substitue pas au "feu" de l'éducation et de son naturel. Une transmission authentique ne prétend pas donner des leçons à personne. Nous enseignons plus par ce que nous sommes que par ce que nous disons. Pour interpréter, il est nécessaire de mettre les automatismes de côté, s'ouvrir à l'expérience et à ses difficultés, ne pas être prisonnier "du vouloir faire" ou d'être ceci ou cela. Il est aussi conseillé d'avoir appris les techniques sans être "coincé", sans être dans l'attente de résultats immédiats. Au fond, le "vrai aïkido" c'est le votre, c’est celui qui manifeste l’Harmonie avec ce qui nous entoure, qui peut apparaître sans être convoqué, que l’on ne peut pas vraiment expliquer, et qui probablement n’a pas besoin d’être expliqué. Jean-Marc Duclos Note: Cet article a été inspiré d'une intervention dans le forum http://aikidoportugal.net/ avec quelques améliorations et corrections. PratiqueActivité et pratique du yoga ne peuvent servir de voie, car la conscience ne naît pas de l'activité. C'est á l'inverse l'activité qui en procède.
Abhinavagupta: Tantrâloka Signification: la tradition, d'après Christian TikhomiroffDans un livre de Christian Tikhomiroff, on disait plus ou mois dans ses termes: "C'est comme une vérité immuable mais qui peut, qui doit adopter des formes très différentes selon les temps, les lieux, les personnes enseignées, faute de quoi elle stagne et se dégrade par une lourdeur que certains nome à contre sens "traditionalisme". Ni l'Inde, ni la Chine n'a jamais demandé à ces sages d'être "originaux". Créer un "système auquel on donne son nom, en inventant un nouvel "isme" sont des préocupations toutes mondaines, purs produits ou hypertrophie d'un moi en quête de reconnaissance." Être guerrier(ère)?Pour un(e) vrai(e) guerrier(ère) sans être un malade mental, noyé(e) et perdu(e) dans sa folie, il n’y a pas de compétition, et cette condition ne pourra jamais être assimilé au sport, c’est naturellement quelque chose de plus radical et de plus terrible par nature. Ceci n’a rien a voir avec les films ou les jeux vidéos, même avec ceux qui vous font le plus peur. Je respecte les guerriers(ères), mais parfois certains sont si marqués par la guerre qu’ils sont à moitié malades le reste de leur jour, quand il ne s’agit pas de certains cas d’aliénation extrême où il n’y a «ni foi, ni loi». Il y a beaucoup de jeunes qui rêve de devenir des guerriers(ères). Savent-ils(elles) vraiment ce que cela implique?... et quels sont les conséquences pour eux et pour les autres? Savent-ils(elles) de quoi s’agit-il dans la réalité (non virtuelle…)? Et surtout cette question: Sommes-nous aptes de la même façon pour ce genre d’activité? Tout le monde n’a pas automatiquement cette vocation. On peut penser qu’avec la formation et avec la volonté on arrive où l’on veut (c’est peut-être vrai pour certaine choses), mais ce n’est pas toujours vrai pour tout. Même si l’on a le meilleur professeur du monde! L’individu et l’éducation à ces limites, surtout pour celui qui recherche à se dépasser inlassablement. Pour éviter cette arrogance infantile, il vaut mieux connaître ces limites. Avoir la possibilité de décider entre la vie ou la mort pour les autres et/ou pour soi même, correspond à être un guerrier. Être un(e) guerrier(ère) c’est pour «les grands(es)»… Des gens équilibrés, honnêtes, tolérants, juste et avec du bon sens et surtout avec un degré de maturité très élevé. Être guerrier(ère) ne correspond pas à un nouveau genre de consultation psychiatrique où il est possible d’exorciser ses frustrations en frappant sur le voisin et en étant reconnu comme le super-homme (la super-femme) du quartier. Heureusement que pour certains, rêver ne correspond pas tout à fait à la réalité! Je dis ça, parce que j’ai déjà vu des personnes (une très faible minorité) faire mal aux autres comme par sadisme (donc je ne parle pas des pratiques dures entre gradés qui sont légitimes quand elles sont proportionnelles à nos partenaires et au maintien de la santé). Ce ne sont pas automatiquement les plus musclé(ées) qui sont aptes à résister à l’impact psychologique d’être confronté avec des vrais(es) morts(es), des vrais(es) blessés(es) graves, aux problèmes que soulèvent l’obéissance quand on nous ordonne d’aller tuer d’autres personnes sans faire de cas. Il ne s’agit plus de jeux! Pratiquer un sport n’a strictement rien à voir avec l’apprentissage d’un(e) guerrier(ère), seulement en cas d’inconscience, où la vie n’est plus qu’un détail parmi d’autres, comme quand on joue aux petits soldats. Il n’y a pas de gentils(les) ou de méchants(es) guerriers(ère). On est ou pas un(e) guerrier(ère). Le fait d’habiller un uniforme quelconque ne fait pas de nous un(e) guerrier(ère). Il faut réunir deux choses fondamentales: l’aptitude et la préparation. La seule préparation ne suffit pas. S’approcher d’un(e) vrai(e) guerrier(ère) quand on vit dans la même condition équivaut à une initiative franchement dangereuse à moins de se soumettre. Les apparences sont souvent trompeuses. À ce sujet, nous avons l’histoire d’un scorpion qui voulait traverser une rivière. Il trouva une grenouille sur son passage qui s’enfuit aussitôt:
- Oh toi! La grenouille! Ne t’enfuis pas, je ne te veux pas de mal! Aide moi seulement à traverser cette rivière! - Tu plaisantes? Tu vas me piquer aussitôt! - Tu es vraiment bête, ton raisonnement manque de logique! Si je fais ça, je meurs aussi! - Ah oui tiens, je n’y avais pas pensé, monte donc sur mon dos, nous allons traverser ensemble. Au beau milieu de la rivière, le scorpion ne résiste plus et pique la grenouille. - Aaaahhh!!! je suis perdue, mais pourquoi donc fais-tu ceci, puisque tu vas mourir aussi! - Je n’y peux rien, c’est dans ma nature, répond le scorpion. Le scorpion n’est pas vraiment méchant quand il pique la grenouille, ni le lion qui dévore sa proie. La morphologie peut confondre aussi: malgré les ressemblances, un tigre n'est pas un petit chat "modèle XXL".
L’erreur est fatale. Maintenant reste á savoir si la pratique de l’aïkido a quelque ressemblance à celle du(de la) guerrier(ère), et dans quelle mesure? Une perspective de l'apprentissage de l'aïkidoIntroduction
L'aïkido adopte des principes universels qui ne sont pas particulier à l'aïkido, pouvant ainsi amener un pratiquant (avec des bases solides) à l'écoute de cette caractéristique fondamentale, à progresser avec inspiration.
Je conçois un enseignement traditionnel, ouvert au monde et à notre époque, qui essaie de préserver ce qui peut être préservé, sans dogme religieux, scientifique ou autres, inclusive des attitudes artificiellement rigides, mais plutôt activé par une connaissance et une pratique qui se veut tendanciellement désintéressée. Fondamentalement, l'aïkido fonctionne comme l'art en partant du moins manifesté vers le plus manifesté.
Dans l'apprentissage, au lieu de se limiter à entasser énormément d'information, il est utile de favoriser l'établissement de la notion de perception, d'ouverture, de disponibilité, ceci étant, un savoir qui a tendance à se régénérer et à ouvrir des horizons. Le corps doit être conjugué et intégré avec la notion de connaissance (un corps qui libère – dans l'immédiat, il est difficile de se rendre compte pleinement de ce fait), et avec des mouvements qui devront être naturellement relationnels et intériorisés. On doit éviter un corps prisonnier par "l'effet de lecture", mais donner l'opportunité à une compréhension, à une assimilation, en intériorisant ce qui est transmis pour rendre la vie à un écrit, ou à un geste en ce qui nous concerne. L'harmonie que les pratiquants recherche dans l'aïkido est expérimentée avec des actes sentis de l'intérieur et exprimés efficacement et naturellement. Nous ne pouvons pas construire l'harmonie de l'extérieur (un extérieur indéfiniment absolu), mais c'est la propre harmonie qui édifie des gestes qui la révèle comme telle. L'exécution de techniques en forme d'astuces (de trucs) sommaires (dans la plus grande part des cas, avec une réduction à la seule structure binaire: action - réaction), qui adopte une stratégie pour "résoudre", font rappeler que l'hypothèse d'un manque d'une pleine intégration avec nous même, peut limiter l'intelligence d'une constante et saine adaptation, tel quel comme le suggère certains aspects aléatoires de la réalité. En ton de plaisanterie, on ne tombe généralement pas amoureux de l'omoplate de sa bien-aimée, mais nous connaissons notre compagne comme un "être vertical" ou les parties mental, physique et spirituel, acquièrent tout leur sens quand elles ne sont pas artificiellement séparées par une vision réduite à l'immédiat et appauvrie, et où la singularité de nos préférences viennent seulement confirmer (mais non expliquer) notre relation. Avec le corps (en repos ou en mouvement), la notion de langage est au minimum potentiellement subjacente. Nous pouvons d'autre part, pour des objectifs particuliers, "congeler" artificiellement, compartimenter, séparer quelque chose de son milieu naturel pour étudier certains aspects de la réalité. Ainsi, même en prenant des précautions et en respectant des méthodologies adéquates, on n'arrive pas à empêcher la fuite de facteurs fondamentaux (qui ne sont pas toujours évident á première vue), importants pour cet "écosystème à échelle humaine", qui parait prendre soin d'une certaine poésie de la vie, et participe indirectement à l'action de se connaître (et se reconnaître) avec profondeur. Cette manière intégrée d'apprendre/connaître et de faire des "progrès en spirale" implique à terme des prises de conscience régulièrement actualisés qui peuvent nous aider dans le futur, sans créer des obstacles fictifs liés à des étapes d'apprentissage mal conçues. Dans l'apprentissage de l'aïkido le problème n'est pas tant de savoir ce qu'il faut faire, mais plutôt (après étude, intériorisation, pratique et en faisant preuve d'un peu de sagesse) savoir ce qu'il faut éviter de faire pour ne pas détruire la sensibilité et les capacités latentes (des fois démontrées) de nos élèves. Parfois ce que nous appelons pompeusement la culture (ou la constatation de son absence totale) créé plus des êtres schizophréniques et violents, que des individus autonomes, conscients, capables d'agir naturellement avec le sens de l'harmonie, de la proportionnalité et de savoir être opportun (ne pas confondre avec le défaut qu'est l'opportunisme). Il est presque superflu de déclarer que les qualités envisagées sous entendent de ne pas être sous la contrainte d'un discours pseudo moral, d'une philosophie à bon marché, et qui évite de se rendre à l'obsession du politiquement correct. Relativement á l'abordage du corps, l'aïkido et son enseignement doit créer un climat de pratique qui éveille indirectement l'implication des individus. L'exigence que cette décision comporte doit être éclairée par la préoccupation de conduire ce processus d'une façon mesurée par rapport à l'état de chacun. "Tendre la corde" peut être converti dans une intensité juste, qui fonctionne à des usages différends: efforts dans de nombreux domaines, concentration, perception de l'espace/temps. La concordance de l'ensemble: "alignements", "liaison", centrage et intention", permet un contact plus intime avec soi-même et avec ce qui nous entoure, et favorise le déclenchement progressif de l'intériorisation. La capacité d'automatiser des gestes ou des structures gestuelles avec une caractéristique plastique, devra prioritairement passer par son sens ou sa signification, en respectant naturellement les contraintes structurelles mis en jeu. C'est pour cela qu'au début, le travail de l'intention liée aux attaques et à la technique, est si important e représente un effet à retardement qui démarre et montre toute son utilité à partir du moment que la technique commence à être substituée pour avoir rempli son rôle, au profit de la conscience ou des décisions qui livrent naturellement une réponse motrice, ou autre. Par exemple, quand la soif s'impose à notre conscience, on se dit: "j'ai soif", ce qui peut déclencher: se diriger vers la cuisine, ouvrir l'armoire, et peut-être éviter le paquet de flocons d'avoine (mis malencontreusement à cette place) sans le faire tomber, se déplacer vers le robinet, remplir le verre avec la quantité qu'il faut, et l'amener à la bouche pour enfin étancher sa soif. Tout ça fait en pensant au problème que l'on a actuellement avec son fils. Le "mouvement naturel" est une merveille d'ingéniosité et de talent. À un niveau plus somatique (ou "vu de l'extérieur"), la prise de conscience des alignements vont permettre de nettoyer les tensions superflues en aidant un individu à se placer dans l'action avec vigueur et un plus grand confort. Dans de nombreuses circonstances (et avec des significations diverses), il y a des muscles qui se contractent comme par sympathie, par mimétisme en relation avec un muscle voisin. On dirait presqu'une zone du corps est dotée d'un seul muscle! Dans la plupart des cas, même si l'intéressé prend conscience de cette anomalie, il n'arrive pas á la corriger dans l'immédiat. Il pourra le faire parfois après un long travail avec un professeur compétent en la matière, et avec la collaboration étroite et permanente de l'élève. La reconnaissance de la notion de verticalité accordée avec la relaxation du corps va permettre sentir le poids (son ajustement) sur les appuis, et ainsi pouvoir dans une sensation de sens inverse, se charger entre autres choses, d'ajuster subtilement cette verticalité. Cet exercice est utilisé pour respecter une certaine naturalité gestuelle, et à une échelle de réalisation plus avancée, engendrer des "mouvements plus denses". Certains on l'habitude de présenter les technique de l'aïkido en mettant en évidence ce qu'elles partagent. Les appuis et la destination d'une technique ou d'une attaque, en passant par "l'origine" sont les indicateurs qui permettent aux pratiquants de mettre en évidence l'importance du trajet, de la localisation du tout et des parties articulées, des appuis et de la conjugaison qu'on en fait avec la sensation que nous rendent les axes: ciel-terre, droite-gauche, avant-arrière. En abordant les procédures, les techniques présentent quelque chose de "mémoire statique". Par exemple, boire un verre d'eau respecte des facteurs presque permanant, comme le fait de toujours amener le verre à la bouche (et non vers l'œil [pour se référer au "contenu" ou sens de l'action et non pas se limiter au simple descriptif de la trajectoire], en contrôlant le mouvement du liquide). Autour de quelques facteurs qui ont un sens, le mouvement s'adapte et se règle. Quand le corps devient apparemment un empêchement, l'enseignant doit éviter, quand c'est possible, de corriger de l'extérieur. Il doit tenter de susciter la correction et essayer de mettre en relation structurellement le mouvement pour que la correction soit perçue et dont le sens doit être compris. S'il était possible de trouver une personne qui n'ai jamais vu et serré la main à quelqu'un, il devrait être initié avec délicatesse, de façon à l'éloigner de la concrétisation gestuelle point par point (comme un robot) qui ne laisse pas de place à l'individualité ou à la personnalité. Les procédures ou la technique peuvent être le "résultat" apparent de ce qu'une conduite révèle. L'important c'est d'entretenir la flamme qui fait vivre le geste. Pour vivre on ne met pas bout á bout des enchaînements de techniques. En simplifiant, on peut dire que notre vie est un enchaînement naturel et qu'il n'est pas nécessaire d'en faire une annonce. Nous naissons avec nos actions enchaînés (en succession) jusqu'à notre mort, tout ça d'une forme significative, suivant la personnalité de chacun, qui est habituellement attentive aux circonstances extérieures et intérieures. D'un autre côté quand le passé laisse des traces, le comportement peut être dérangé ou inhibé. La peur est également un autre frein. L'ignorance d'une saine réaction ou d'une procédure peut être aussi fatale. La technique d'aïkido doit être apprise et appréhendée comme un thème et non pas comme une "technique obligatoire". Chaque technique a un éventail d'alignements qui la distingue. C'est en cherchant à réaliser ce qui a été donné comme modèle, qu'un élève développera plus facilement la sensation concrète de ce qui lui échappe, et enfin un jour réaliser ce qu'on lui demande. Pour un enseignant expérimenté, il est assez facile de voire un élève se démêler avec ces difficultés, et de suivre ces progrès. Dans l'exécution d'une technique et d'une attaque donnée, il existe certaines façons conscientes ou non de la rendre instable, en quelque sorte par des formes irrégulières. Pour permettre l'apprentissage, nous devons prendre conscience de ces formes irrégulières. Pour les élèves plus avancés, la pratique s'oriente plus dans son sens (une intention nette, sans parasitage), que dans sa manifestation mécanique. Si ces formes irrégulières sont le résultat d'une anomalie spécifique, elle devra être abordée et corrigée à son propre niveau. Si l'on essaie de résoudre un problème de maths et que quelqu'un change l'énoncé avant que l'on termine, on n'y parviendra pas parce que l'on n'arrivera jamais à ressentir ce qui ne marche pas. Au début, il faut l'établir une liaison entre ce qui est demandé et ce qui est fait. On pourra changer l'énoncé du problème quand l'élève sera suffisamment lié pour s'en apercevoir au même instant et rectifier en marche son travail (en réalité, dans le temps, il n'y pas de retour en arrière possible). Il faut se rappeler que ceci est fait pour apprendre, et non pas pour alimenter l'ego d'un des deux protagonistes. Aborder la relaxation et la respiration est aussi très important pour calmer l'agitation mentale. Pour ceux qui cherchent à pratiquer l'aïkido d'une façon intégrée, cette approche est indispensable. --------------------------------
Quelques notes
Cet article n'a pas la prétention de donner une explication à l'aïkido. De la même manière, le mot kimusubi n'a pas été utilisé pour deux raisons: la première, est liée à la perception que je n'ai pas le niveau pour le faire, et la deuxième, est qu'aucun programme ne pourra jamais enseigner ou expliquer vraiment ce phénomène. L'aïkido ou kimusubi a besoin de la tradition ou de la transmission vivante de professeur à élève. Donc cet article ratisse moyennement large, et reste encore (d'une certaine façon) au pas de la porte de l'aïkido. Quel est donc l'utilité de cet article? En Europe, nos gouvernements obligent les enseignants à suivre une formation organisée par le secrétariat d'état aux sports. En plus de cela, certains grands clubs pluri sportifs exigent aussi la présentation d'une programmation trimestrielle ou annuelle, suivant une grille de critères établis par le modèle sportif. En simplifiant, le résultat plausible est de prendre un programme de grades, de le "couper en morceau" en faisant correspondre un numéro de techniques à des dates, et de le servir sur un plateau, assaisonné avec un peu de théorie de la physiologie de l'effort. Et pourtant on m'a répété assez souvent dans diverses actions de formation d'enseignant (organisées dans ce cas, par l'état portugais), qu'il faut prévoir nos actions pour atteindre les objectifs que l'on soutient. Sinon, on peut arriver à des résultats non désirés et parfois non désirable. L'approche de l'aïkido, c'est comme le ciel étoilé... Voir ça parait facile, en dire quelque chose qui ressemble encore à un ciel étoilé est une autre affaire. En cherchant à connaître quelque chose, le mode d'entreprendre qui est utilisée participe d'une certaine façon à l'acte de connaître. L'important c'est de comprendre la relativité des approches et les utiliser dans leur domaine d'une façon adéquate, sans n'en rejeter aucune. Il faut donc aussi se demander si la conception des programmes n'est pas parfois un peu contradictoire avec l'essentiel que l'aïkido prétend véhiculer, surtout dans certaines de ces applications programmatiques? (liées presqu'exclusivement à la biologie, et qui est mariée presque honteusement dans ce cas, avec deux sortes de cousin au troisième degré, la "psychologie" et la "philosophie"). L'adjonction d'éléments qui ne sont pas à l'origine de notre pratique est souvent nécessaire, mais quels sont les critères de ces ajouts? Est-ce qu'on ne fait pas une sorte de greffe sans vraiment prendre compte si la plante d'origine va survivre? Ou est ce que l'on joue inconsciemment aux apprentis sorciers en transformant complètement ce que l'on avait, en "autre chose" qui continue d'avoir apparemment le même aspect et "se vend correctement" mais qui éventuellement est d'une qualité douteuse par rapport à un héritage que l'on ne comprend pas toujours bien dans toute son étendue? Il faut vivre avec son temps, mais changer pour changer est un mode d'agir qui ne correspond pas à une étude qui se respecte, surtout si cela est réalisé sous l'effet de la pression d'accomplir aveuglément des règlements ou des normes législatives (pour être naturellement dans la légalité) qui sont le plus souvent très généraliste (et qui ont parfois un effet de nivellement qui dans certaines occasions peuvent être discutable). C'est pour ça qu'en ce qui me concerne j'ai fait, d'une forme indirecte, une ébauche d'un programme d'apprentissage qui ratisse moyennement large, en allant approximativement du général jusque dans certains détails et qui correspond à l'acte d'enseigner aux moins gradés en essayant de ne pas exclure au départ (in loco), les principes que l'on a tenté de m'enseigner. Suivant les objectifs de chacun (ou la représentation que l'on a de l'aïkido), l'idée qui devrait être développée, serait de commencer à concevoir un cadre qui prétendrait développer une logique (plus fine, en cherchant en permanence, une meilleure précision) destiné à négocier l'intervention du sport dans la formation des enseignants d'aïkido. Jean-Marc Duclos 16/10/2005 ![]() Ce/tte création est mis/e à disposition sous un contrat Creative Commons. |
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